L'ʿAqida est la science qui s'intéresse à la foi. Elle guide le croyant vers une croyance saine : l'Unicité d'Allah, Sa transcendance absolue, et tout ce qu'un musulman doit croire au sujet des anges, des Livres révélés, des prophètes, du Jour Dernier et du destin.
Allah est l'unique Créateur, parfait et sans défaut. Il n'a rien qui Lui ressemble et rien ne dépend de Lui sauf Sa création.
Allah est au-dessus de toute comparaison avec Sa création. Allah est unique, sans ressemblance avec quoi que ce soit, et au-delà du temps, de l'espace et de toute limite.
Cela signifie qu'on ne peut pas Le comparer à une créature, ni affirmer qu'Il est « dans un endroit » ou « dans une direction » comme un être humain. On accepte ce que Allah dit sur Lui-même sans chercher à concevoir comment. Lorsqu'Il dit qu'Il est « au-dessus du Trône » (Sourate Tâ-Hâ, 20:5), on croit en cela sans imaginer d'image humaine ni poser de limites. Son Istiwâ' (élévation) est conforme à Sa majesté, sans ressemblance avec la création.
C'est la voie des savants de Ahl As-Sunna : affirmer les attributs d'Allah tels qu'Il les a révélés, sans chercher à expliquer leur « comment », ni leur donner de caractéristiques humaines.
Attribuer des aspects physiques à Allah constitue une erreur appelée tajsîm (anthropomorphisme) ou tashbîh (assimilation à la création). Cette confusion provient souvent d'une lecture trop littérale des textes. Certains interprètent le verset sur l'Istiwâ' comme si Allah était « assis » sur un trône à la manière d'un roi terrestre, ce qui est une compréhension erronée.
Les premiers musulmans (As-Salaf) croyaient aux attributs d'Allah sans chercher à imaginer « comment ». On affirme ce qu'Allah a révélé, mais sans Le comparer à Sa création. On ne dit pas qu'Il est « dans un endroit », car Il existait avant la création et n'a besoin d'aucun lieu.
Allah existe de toute éternité, sans début. L'Imâm ʿAliyy a dit : « Allah est de toute éternité alors qu'il n'y a pas d'endroit de toute éternité, et Il est maintenant tel qu'Il est de toute éternité. »
« Absolument rien ne ressemble à Allah » (Sourate Ash-Shûrâ, 42:11).
« Votre Dieu est un Dieu unique » (Sourate Al-Baqara, 2:163).
« Il est Celui Qui est exempt de début et exempt de fin » (Sourate Al-Hadîd, 57:3). Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Allah existe de toute éternité alors que rien d'autre que Lui n'existe de toute éternité » : ni eau, ni air, ni terre, ni ciel, ni Trône, ni Kursî, ni ange, ni temps, ni endroit. Allah est Celui Qui crée l'endroit ; Il n'en a donc pas besoin.
Allah n'a pas besoin de Ses créatures. « Certes Allah n'a pas besoin des créatures » (Sourate Âli ʿImrân, 3:97). L'Imâm ʿAliyy a dit : « Allah a créé le Trône comme manifestation de Sa puissance et ne S'est pas pris cela comme endroit pour Lui-même. » Les actes d'adoration des croyants ne Lui profitent pas et les péchés des désobéissants ne Lui nuisent pas.
La Puissance : « Il est sur toute chose Tout-Puissant » (Sourate Al-Mâ'ida, 5:120).
La Volonté : Le Prophète ﷺ a enseigné : « Ce que Allah veut est, et ce qu'Il ne veut pas n'est pas. »
La Science : « Et Il sait toute chose. » Sa science n'a ni début ni fin et ne change jamais.
L'Ouïe et la Vue : Allah entend et voit toute chose, sans organe ni ressemblance avec l'ouïe et la vue des créatures.
La Parole : L'Imâm Abû Hanîfa a dit : « Allah parle d'une parole qui n'a pas de ressemblance avec notre parole. Nous parlons avec des organes, des points de prononciation et des lettres ; Allah parle sans organe ni lettre. »
La Vie : La vie de Dieu n'est pas constituée d'âme, de chair ni de sang. « Il n'est de dieu que Allah, le Vivant, Celui Qui n'a besoin de rien et Qui ne s'anéantit pas » (Sourate Al-Baqara, 2:255).
« Allah a les noms parfaits, invoquez-Le par ces noms » (Sourate Al-A'râf, 7:180). Al-Boukhâriyy et Muslim ont rapporté que le Prophète ﷺ a dit, ce qui signifie : « Allah a 99 noms ; celui qui les connaît par cœur en croyant à leurs significations entrera au Paradis. »
Chaque Nom doit être compris sans aucune ressemblance avec les créatures, conformément à la croyance d'Ahl As-Sunna : Allah n'a ni corps, ni endroit, ni direction.
Allah a créé l'univers selon un ordre précis, enseigné par le Prophète ﷺ : l'eau en premier, puis le Trône, le Qalam et la Table Préservée, puis la terre, les cieux, et enfin l'être humain.
Le Prophète ﷺ a dit : « Certes, Allah a créé toute chose à partir de l'eau » (rapporté par Ibn Hibbân). Avant la création de la lumière, de l'obscurité, de la terre, des cieux, du Trône et de la Table Préservée, Allah a créé l'eau en premier, et en a fait l'origine des autres créatures.
Le Trône (Al-ʿArsh) est le plus grand des corps qu'Allah a créés. Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Les sept cieux par rapport au Kursî ne sont que comme un anneau dans un désert ; et le Trône est au Kursî ce que le désert est à l'anneau » (rapporté par Ibn Hibbân).
Le Trône est actuellement porté par 4 anges gigantesques : la distance séparant le lobe de l'oreille de l'épaule de chacun de ces anges est telle qu'un oiseau volant à vive allure mettrait 700 ans à la parcourir. Au Jour du Jugement, le Trône sera porté par 8 anges, pour manifester l'importance de ce jour.
Le Trône n'est pas un lieu où Allah serait établi, car Allah n'est pas un corps et n'a nul besoin d'endroit. L'Imâm ʿAliyy a dit : « Certes, Allah a créé le Trône par manifestation de Sa puissance, et Il ne l'a pas pris comme emplacement pour Lui-même » (rapporté par Abû Mansûr Al-Baghdâdiyy).
Le Trône et le Kursî sont tous deux des créations d'Allah, manifestant Sa puissance. Allah, Lui seul, est exempt de toute imperfection : Il existe sans endroit et sans direction.
La Table Préservée (Al-Lawh Al-Mahfûz) est constituée d'une perle blanche entourée d'une pierre précieuse rouge. Son étendue représente 500 ans de traversée. Allah a ordonné au Qalam (le Calame) d'écrire : sans qu'aucune créature ne le tienne : ce qui a déjà eu lieu et ce qui doit avoir lieu dans le bas monde jusqu'à sa fin.
Cette inscription divine est liée à la croyance au Qadar : tout ce qui arrive est connu et inscrit par Allah depuis l'éternité, sans que cela n'annule la responsabilité humaine.
Notre terre est celle qui se trouve au-dessus des autres terres. Dans la 7e terre se trouve un lieu appelé Sijjîn, où se retrouvent les âmes des non-musulmans après l'anéantissement de leur corps, jusqu'à leur résurrection. La Géhenne se trouve en dessous de la 7e terre.
Les sept cieux sont des corps palpables qu'Allah a élevés sans piliers, séparés les uns des autres. D'un ciel à l'autre, la distance est de 500 ans. Chaque ciel possède une porte ; au-dessus du 7e ciel se trouve le Paradis.
Être musulman, c'est croire avec certitude en six fondations, connues comme les Arkân Al-Îmân. « Quiconque ne croit pas en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour Dernier s'est égaré d'un profond égarement » (Sourate An-Nisâ', 4:136).
Croire aux anges, c'est affirmer qu'ils existent réellement : des corps de lumière, innombrables, sans sexe : leur représentation sous forme de femmes ailées est étrangère à la croyance musulmane. Ils ne mangent pas, ne boivent pas, ne dorment pas et ne se fatiguent jamais dans l'obéissance.
Les anges sont des créatures honorées qui n'associent rien à Allah et ne Lui désobéissent jamais : « Ils ne désobéissent pas à Allah en ce qu'Il leur commande, et font ce qui leur est ordonné » (Sourate At-Tahrîm, 66:6).
Quelques anges et leurs missions :
Les anges peuvent, par permission divine, apparaître sous l'aspect d'un homme. Jibrîl est ainsi apparu sous forme humaine, y compris auprès de Maryam : « Il se présenta à elle sous forme d'un homme parfait » (Sourate Maryam, 19:17). Un ange peut prendre l'apparence d'un homme ou d'un oiseau, mais jamais celle d'un animal impur (chien, porc, serpent, scorpion). Cela ne change rien à sa réalité : il reste créé de lumière et obéissant à Allah.
Il est interdit d'insulter ou d'avilir les anges. La foi authentique inclut le respect et l'amour de tous les envoyés et de tous les anges.
Croire aux Livres révélés signifie affirmer qu'Allah a envoyé, à travers l'histoire, des Écritures à certains de Ses prophètes pour guider l'humanité.
Révélée au prophète Moussa عليه السلام en hébreu. Elle contenait la loi divine destinée aux Israélites. La Torah aujourd'hui en circulation n'est plus le texte authentique : elle a subi des altérations, comme l'indique le Qur'an : « Certains d'entre eux déforment les paroles de leur place » (Sourate An-Nisâ', 4:46).
Révélé au prophète Dâwûd عليه السلام en hébreu : paroles de louange, d'invocation et de sagesse, sans nouvelle législation. « Et à Dâwûd Nous avons donné le Zabûr » (Sourate An-Nisâ', 4:163).
Révélé au prophète ʿÎsâ عليه السلام en araméen, confirmant la Tawrât et annonçant la venue du dernier Prophète. Comme la Tawrât, l'Évangile authentique n'existe plus sous sa forme originelle : les textes appelés « évangiles » aujourd'hui ont été composés bien après ʿÎsâ عليه السلام.
Révélé au Prophète Mouhammad ﷺ en arabe sur 23 ans, destiné à toute l'humanité. Allah a garanti Lui-même sa préservation : « C'est Nous qui avons fait descendre le Qur'an, et c'est Nous qui le préservons » (Sourate Al-Hijr, 15:9). Le texte reçu aujourd'hui dans le monde entier est rigoureusement identique à celui révélé il y a plus de quatorze siècles.
Croire aux Livres révélés implique d'accepter que les Écritures antérieures, dans leur forme actuelle, ne sont plus fiables en raison des altérations qu'elles ont connues, alors que le Qur'an demeure l'unique Parole d'Allah parvenue intacte jusqu'à nous.
Allah dit : « Allah a accordé à chacun des Prophètes un degré plus élevé que toutes les autres créatures » (Sourate Al-Anʿâm, 6:86). Les prophètes sont les meilleurs des créatures, l'élite de l'humanité, caractérisés par des comportements et attributs louables. Il leur est impossible de mentir, d'être malhonnêtes, traîtres, vulgaires ou lâches.
On distingue le Nabî (prophète), envoyé pour guider son peuple selon une loi déjà révélée, et le Rasûl (messager), à qui Allah révèle une nouvelle loi.
Tous les prophètes rappellent l'homme à sa mission : adorer Allah, faire le bien, éviter le mal. Mouhammad ﷺ est le sceau des prophètes, envoyant le message final et complet.

Allah a créé des réalités que l'œil humain ne perçoit pas : les djinns et l'âme.
Les djinns sont des créatures invisibles à l'œil humain, faites d'un feu subtil et pur, sans fumée. Cette essence leur confère une grande rapidité de déplacement et une faculté de transformation. Comme les humains, ils sont dotés du libre arbitre, ce qui les rend responsables de leurs choix devant Allah. Leur durée de vie est beaucoup plus longue que la nôtre ; ils peuvent se marier, avoir des enfants et former des sociétés organisées.
Leur société comporte des croyants, des mécréants, des leaders et des gouvernements. Les djinns croyants suivent les commandements d'Allah et seront récompensés au Jour du Jugement. Les djinns mécréants, notamment les shayâtîn (démons), cherchent à égarer les hommes.
Les djinns peuvent interagir avec les humains, mais cette interaction reste limitée et encadrée par Allah : principalement des idées, tentations ou incitations au péché. La possession réelle est rare et se produit uniquement avec la permission d'Allah. Il est essentiel de distinguer ces cas de troubles psychologiques ou physiques naturels, car beaucoup de situations attribuées aux djinns ont des causes médicales réelles.
La protection contre les influences négatives repose sur la foi, la piété et le rappel constant d'Allah : la récitation du Qur'an : notamment les sourates Al-Falaq, An-Nâs et Al-Baqara : ainsi que les invocations authentiques enseignées par le Prophète ﷺ. Jamais un djinn ne peut contraindre un croyant véritablement attaché à Allah.
L'âme est une création d'Allah, mais sa nature exacte nous échappe : « Ils t'interrogent au sujet de l'âme. Dis : "L'âme relève du commandement de mon Seigneur, et vous n'avez reçu que peu de connaissance à son sujet" » (Sourate Al-Isrâ', 17:85).
Le Qur'an emploie plusieurs termes pour décrire les dimensions de l'être intérieur : Ar-Rûh (l'esprit vital insufflé par Allah), An-Nafs (l'âme morale et émotionnelle qui ressent et choisit), et Al-Qalb (le cœur spirituel, centre de la foi et de l'intention).
An-Nafs Al-Ammâra : l'âme qui pousse vers le mal, dominée par les passions. « L'âme incite au mal, sauf celle à qui Allah fait miséricorde » (Sourate Yûsuf, 12:53).
An-Nafs Al-Lawwâma : l'âme qui se blâme, la conscience qui regrette ses erreurs. « Et Je jure par l'âme qui se blâme elle-même » (Sourate Al-Qiyâma, 75:2).
An-Nafs Al-Mutmaʾinna : l'âme apaisée du croyant qui a purifié son cœur. « Ô âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée » (Sourate Al-Fajr, 89:27-30).
L'orgueil (kibr) : se croire supérieur aux autres. « Et ne détourne pas ton visage des gens par orgueil » (Sourate Luqmân, 31:18).
L'envie (hasad) : souhaiter la disparition des bienfaits d'autrui. « Et contre le mal de l'envieux quand il envie » (Sourate Al-Falaq, 113:5).
L'amour excessif du monde : l'attachement aux biens matériels (Sourate Âli ʿImrân, 3:14).
La négligence (ghafla) : oublier le but de la vie et la rencontre avec Allah (Sourate Al-Kahf, 18:28).
L'endurcissement du cœur : quand la foi ne touche plus les sentiments (Sourate Al-Baqara, 2:7).
Croire au Qadar et à l'Au-delà constitue le sixième pilier de la foi : tout ce qui arrive, grand ou petit, est connu, décrété et créé par Allah, sans que cela n'annule la responsabilité humaine.
Comprendre Al-Qadar, ce n'est pas simplement accepter que « tout est écrit », mais saisir un équilibre subtil : Allah connaît et décrète tout, mais Il a donné à l'être humain la liberté de choisir ses actions dans le cadre de ce qu'Il a créé.
Le destin comporte quatre dimensions inséparables : la connaissance d'Allah (ʿilm : Il sait tout depuis toujours), l'écriture dans la Table Préservée (tout y est inscrit, sans annuler la responsabilité humaine), la création de toutes choses (khalq : y compris les causes et leurs effets), et la volonté divine (mashîʾa : rien ne se produit sans Sa permission, mais Il permet à l'homme d'agir).
La croyance au destin ne nie pas la liberté humaine. Chacun possède la capacité d'agir et chaque acte sera jugé par Allah. Il faut rejeter l'idée fausse selon laquelle « si tout est écrit, il ne sert à rien d'agir » : agir avec conscience et responsabilité fait partie intégrante de la foi.
Le destin éclaire la compréhension des épreuves. Les difficultés ne sont pas des injustices, mais des éléments du plan d'Allah, l'occasion de purifier l'âme. Le Prophète ﷺ a dit : « Tout ce qui atteint le croyant, même la piqûre d'une épine, est inscrit comme bienfait » (rapporté par Al-Bukhârî et Muslim).
La foi en Al-Qadar transforme la manière de vivre : elle enseigne l'humilité face au succès, la patience face à la difficulté, et la confiance absolue en la sagesse d'Allah.
Il est obligatoire de croire au supplice de la tombe. L'Imâm Abû Hanîfa a affirmé que la pression et le châtiment de la tombe sont une vérité ; les savants d'Ahl As-Sunna ont dit que nier ce supplice relève de la mécréance.
Quand la mort arrive, le lien entre le corps et l'âme est rompu. Après la mort, l'âme revient au corps pour percevoir dans la tombe. Deux anges, Munkar et Nakîr, viennent interroger le défunt avec trois questions : Qui est ton Seigneur ? Quelle est ta religion ? Qui est ton Prophète ?
Le croyant sincère répondra avec certitude : sa tombe s'élargira, une lumière l'éclairera. Le mécréant et l'hypocrite seront incapables de répondre correctement : la tombe se resserrera sur eux jusqu'au grand Rassemblement.
Le supplice de la tombe se manifeste par la pression, l'obscurité, la solitude. Le Prophète ﷺ enseignait à ses Compagnons de demander refuge auprès d'Allah contre le supplice de la tombe et le châtiment de l'Enfer.
Al-Barzakh est l'état intermédiaire entre la mort et la Résurrection. C'est une vie réelle, distincte de la vie de ce monde, dont nous ne percevons pas la réalité depuis notre condition actuelle. Allah dit : « Celui qui se détourne de Mon rappel aura une vie étroite » (Sourate Tâ-Hâ, 20:124), ce qui inclut les épreuves de la tombe durant cette période.
Durant le Barzakh, le croyant sincère connaît un état de repos et de bien-être en attendant le Jour de la Résurrection, tandis que le désobéissant musulman peut connaître un châtiment temporaire, à la mesure de ses fautes, avant d'accéder finalement à la miséricorde d'Allah. Le mécréant et l'hypocrite, eux, subissent un châtiment continuel durant cette période, jusqu'au grand Rassemblement.
Le Prophète ﷺ a enseigné que ce qui profite au défunt durant le Barzakh comprend la Sadaqa Jâriya (l'aumône continue), une science transmise dont on continue de profiter, ou un enfant vertueux qui invoque en sa faveur : « Quand un être humain meurt, ses actes s'arrêtent, sauf trois » (rapporté par Muslim). On peut également profiter au défunt par le paiement de ses dettes et par les invocations faites en sa faveur.
Le Barzakh n'est ni le Paradis ni l'Enfer définitifs : c'est une étape d'attente, où l'âme perçoit déjà un avant-goût de sa destinée, jusqu'à ce qu'Allah ressuscite toute la création pour le Jugement final.
Quand la fin du monde arrivera, tout ce qu'Allah a créé sera anéanti. Puis, quand Il le voudra, Il fera revivre la création entière : c'est Al-Baʿth, la Résurrection.
Les gens seront rassemblés (Al-Hashr) sur une étendue plate, sans ombre. Les actions seront présentées : chacun recevra son livre, dans la main droite (signe du salut) ou la main gauche (signe du malheur). Ce n'est pas un face-à-face physique avec Allah, car Allah n'est pas un corps, ni dans un lieu, ni dans une direction : c'est la manifestation de Sa justice absolue.
Allah dit : « En un jour dont la durée est de cinquante mille ans » (Sourate Al-Maʿârij, 70:4), décrivant l'ampleur du Jour du Jugement. Le Prophète ﷺ a précisé que cette durée sera allégée pour le croyant accompli, « au point qu'elle lui paraîtra plus courte que le temps entre la prière du Dhuhr et celle du ʿAsr » (rapporté dans le Mustadrak d'Al-Hâkim, d'après Abû Hurayra), tandis qu'elle restera longue et pénible pour les mécréants.
Viendra ensuite As-Sirât, le Pont tendu au-dessus de l'Enfer, plus fin qu'un cheveu, que tous devront traverser selon leurs œuvres. C'est aussi à ce moment que se produira Ash-Shafâʿa, l'intercession du Prophète ﷺ : par permission d'Allah, non par pouvoir propre : pour que certains croyants soient sauvés.
Certains croyants ayant commis des péchés seront châtiés temporairement, puis sortiront de l'Enfer par la miséricorde d'Allah, purifiés comme des perles éclatantes.
Le Paradis est la demeure éternelle de la paix, de la lumière et de la miséricorde. Le Prophète ﷺ a dit : « Aucun œil ne l'a vu, aucune oreille ne l'a entendu, et nul esprit humain n'en a conçu l'idée » (Boukhârî et Muslim).
Le Prophète ﷺ a dit : « Le Paradis a huit portes » (Boukhârî et Muslim). Chaque croyant entre par la porte correspondant à sa meilleure œuvre :
Le Prophète ﷺ a dit : « Le Paradis a cent degrés, entre deux degrés il y a la distance qu'il y a entre le ciel et la terre » (rapporté par Al-Bukhârî). Al-Firdaws Al-Aʿlâ est le plus haut degré, demeure des prophètes, des véridiques et des martyrs. Viennent ensuite Jannat An-Naʿîm, Jannat Al-Maʾwâ, Dâr Al-Muqâma, Dâr As-Salâm, et ʿIlliyyîn, le registre des plus vertueux.
Point important : beaucoup se trompent en pensant que « voir Allah au Paradis » signifie qu'Il serait « là-bas » dans un lieu physique. Allah n'est pas limité par le temps, l'espace ou un lieu. La vision d'Allah au Paradis est une perception spirituelle réelle pour les habitants du Paradis, mais sans localisation ni forme : conformément au principe du tanzîh : rien n'est semblable à Allah et Il est absolument transcendant.
L'Enfer est la demeure du châtiment et de la justice absolue, une réalité concrète créée par Allah pour manifester Sa justice envers ceux qui ont nié ou transgressé Ses commandements. Nul n'y sera frappé injustement.
« L'Enfer aura sept portes ; à chaque porte est assignée une partie déterminée d'entre eux » (Sourate Al-Hijr, 15:44). Ces portes correspondent aux degrés de rébellion contre Allah : les hypocrites, les idolâtres, les tyrans et oppresseurs, les orgueilleux, ceux qui ont délaissé la prière, les corrupteurs, et enfin les plus orgueilleux envers Allah et Son Messager ﷺ.
Comme le Paradis a des degrés de bonheur, l'Enfer a des degrés de souffrance (darakât) : Jahannam, Lazâ, Saqar, Saʿîr, Jahîm, Hutama, et Hâwiya : le plus bas, demeure éternelle des hypocrites et mécréants obstinés.
Les habitants se divisent en deux catégories : les mécréants y resteront pour l'éternité ; les croyants désobéissants y entreront temporairement pour être purifiés, puis Allah les fera sortir par Sa miséricorde. Les tourments sont proportionnels aux fautes commises : nul ne subira de punition injuste.
Lorsque le Qur'an évoque des expressions comme « la colère d'Allah », il ne faut pas les comprendre dans un sens humain. Allah est exempt de tout changement ou ressenti : Sa « colère » désigne Son châtiment, Son « amour » désigne Son agrément et Sa miséricorde.