La Naissance du Bien-Aimé ﷺ
L'Arabie du VIe siècle était plongée dans ce que l'Islam appelle Al-Jâhiliyya l'ère de l'ignorance. Les filles étaient enterrées vivantes à la naissance par honte. Les esclaves n'avaient aucun droit. Les tribus se faisaient des guerres pour des générations entières pour une offense mineure. Les idoles remplissaient la Ka'ba. Le monde attendait une lumière.
Cette année-là, Abraha Al-Ashram, roi d'Abyssinie et gouverneur du Yémen, avait marché sur La Mecque à la tête d'une armée d'éléphants pour détruire la Ka'ba. Allah envoya contre eux des oiseaux en nuées (Abâbîl) qui les lapidèrent de pierres d'argile les éléphants refusèrent d'avancer et l'armée fut détruite. Ce miracle gravé dans le Qur'an (Sourate Al-Fîl) marqua l'année de la naissance du Prophète ﷺ. C'est dans ce contexte, durant le mois de Rabîʿ Al-Awwal de cette année bénie, que Mouhammad naquit dans le quartier Banû Hâshim de La Mecque. Son père ʿAbd Allah ibn ʿAbd Al-Muttalib était mort quelques mois avant sa naissance lors d'un voyage à Médine ; Mouhammad ﷺ vint au monde orphelin de père. Sa mère, Âmina bint Wahb, femme d'une grande piété et d'une noble lignée, raconta qu'au moment de l'accouchement elle vit une lumière extraordinaire qui illuminait jusqu'aux châteaux de Syrie et de Perse.
Âmina bint Wahb a dit que Quand je l'ai mis au monde, j'ai vu une lumière sortir avec lui qui illuminait les châteaux de Syrie.
L'Enfance L'Orphelin de La Mecque
Selon la tradition arabe noble, les nourrissons des familles aisées étaient confiés à des femmes bédouines pour être allaités à la campagne l'air pur du désert, la langue arabe authentique, loin des maladies et des vices de la ville. Cette année-là, les femmes de la tribu de Banu Sa'd arrivèrent à La Mecque pour chercher des nourrissons. Toutes refusèrent Mouhammad ﷺ orphelin, il ne promettait pas de généreuse rémunération de la part du père. Halîma, elle aussi, l'avait d'abord refusé. Mais ne trouvant aucun autre nourrisson, elle revint le prendre. Dès qu'elle le prit dans ses bras, une transformation extraordinaire se produisit son sein qui était tari se remplit de lait, sa vieille ânesse qui peinait se mit à galoper devant les autres, et son troupeau revint gras et gorgé de lait dans un désert aride. Halîma sut qu'elle tenait un enfant béni.
Âmina prit son fils pour lui faire visiter la tombe de son père 'Abd Allah à Yathrib (la future Médine). Sur le chemin du retour, à Al-Abwâ', elle tomba gravement malade et mourut. Mouhammad ﷺ avait six ans. Il assista à l'enterrement de sa mère dans un endroit inconnu, dans un pays étranger, seul avec les servantes qui l'accompagnaient. L'orphelinat le plus complet sans père, sans mère. Cette expérience creusa dans le cœur de Mouhammad ﷺ une compassion infinie pour les orphelins que l'on retrouvera tout au long de sa vie. Il dira plus tard en tenant Zayd ibn Hâritha ؓ par la main : "Celui qui place sa main sur la tête d'un orphelin par compassion, Allah lui écrira pour chaque cheveu une bonne action."
'Abd Al-Muttalib, le vénérable patriarche des Banu Hâshim, avait déjà perdu son fils avant même la naissance de Mouhammad ﷺ. Il recueillit son petit-fils et l'aima avec une tendresse extraordinaire. Il était le seul à qui l'on permettait de s'asseoir sur son tapis d'honneur devant la Ka'ba et il fit asseoir Mouhammad ﷺ à côté de lui. Ses fils tentèrent d'éloigner l'enfant par respect 'Abd Al-Muttalib les arrêtait en disant : en interdisant qu'on éloigne Mouhammad ﷺ de son tapis d'honneur, pressentant pour lui une grande dignité. Deux ans après, 'Abd Al-Muttalib mourut à son tour. Mouhammad ﷺ avait huit ans. Il pleurait en marchant derrière le cortège funèbre. Le troisième deuil de sa courte vie.
'Abd Al-Muttalib avait confié Mouhammad ﷺ à son fils Abu Tâlib frère du même père et de la même mère que 'Abd Allah, le père du Prophète ﷺ. Abu Tâlib était un homme noble mais pauvre. Il traita Mouhammad ﷺ avec une affection qui dépassa celle qu'il portait à ses propres enfants. Sa femme Fâtima bint Asad ؓ que Mouhammad ﷺ appellera plus tard "ma mère après ma mère" le chérissait comme son propre fils. C'est dans ce foyer humble et chaleureux que Mouhammad ﷺ grandit, apprenant la générosité dans la pauvreté, la noblesse dans la simplicité et la foi en observant les étoiles du désert.
La Jeunesse Al-Amîn
Abû Tâlib emmena son neveu dans une caravane commerciale vers la Syrie. À Busrâ, un moine chrétien nommé Bahîrâ observa la caravane depuis sa cellule. Il remarqua quelque chose d'inhabituel : un nuage suivait la caravane et s'arrêtait au-dessus d'un seul garçon pour le protéger du soleil. Il invita toute la caravane à manger, examina Mouhammad ﷺ avec attention, et trouva entre ses épaules le sceau de la prophétie (Khâtam An-Nubuwwa) décrit dans les anciens livres saints. Il dit à Abû Tâlib : « Retourne avec ton neveu dans ton pays et garde-le de ceux qui voudraient lui nuire lorsqu'ils reconnaîtront les signes de sa mission, car une grande mission l'attend. »
Un homme du Yémen était venu à La Mecque pour commercer et avait été spolié de sa marchandise par un puissant Qurayshite. Personne n'osait défendre ses droits. Il monta sur le mont Abu Qubays et cria sa plainte à la face de La Mecque. Plusieurs nobles clans qurayshites dont les Banu Hâshim se réunirent dans la maison de 'Abd Allah ibn Jud'ân et signèrent un pacte : chacun s'engageait à défendre tout homme opprimé à La Mecque, qu'il soit de la région ou étranger, jusqu'à ce que ses droits lui soient rendus. Mouhammad ﷺ participa à ce pacte. Bien des années après, devenu Prophète, il en parlait encore avec fierté : "J'ai assisté dans la maison de 'Abd Allah ibn Jud'ân à un pacte si noble que je ne voudrais pas l'échanger contre les plus beaux troupeaux. Si on m'y invitait aujourd'hui en Islam, j'y répondrais."
Dans sa jeunesse, Mouhammad ﷺ garda des troupeaux pour les habitants de La Mecque comme l'avaient fait les prophètes avant lui. Mûsâ 'alayhi-s-salâm avait gardé les troupeaux de Shu'ayb. Dâwud 'alayhi-s-salâm avait été berger. Il y a dans cette expérience une sagesse divine celui qui sera berger de l'humanité doit d'abord apprendre la patience, la vigilance et le soin des êtres confiés à sa garde. Mouhammad ﷺ devint ensuite marchand. Sa réputation d'honnêteté absolue lui valut le surnom qu'il gardera toute sa vie : Al-Amîn le Digne de Confiance. Il ne mentait jamais. Il ne trichait jamais dans les transactions. Il honorait toujours sa parole. Les habitants de La Mecque, même ceux qui combattraient sa mission plus tard, lui confiaient leurs dépôts précieux sachant qu'il les restituerait intégralement.
Khadîja ؓ La Première des Croyantes
Mouhammad ﷺ revint de Syrie avec des bénéfices exceptionnels. Son serviteur Maysara rapporta à Khadîja ؓ les qualités extraordinaires de Mouhammad sa droiture, sa générosité, sa douceur avec les gens, et certains signes qu'il avait observés. Khadîja ؓ fut saisie d'une admiration profonde qui devint de l'amour. Elle fit part de ses sentiments à son amie Nafîsa bint Munya qui alla sonder Mouhammad ﷺ. Mouhammad ﷺ consulta son oncle Abu Tâlib qui fit la demande en mariage. La cérémonie eut lieu avec le Walî de Khadîja ؓ et la présence des grands de Quraysh. Le Mahr (dot) était de vingt jeunes chameaux. Ce mariage fut l'une des plus belles unions de l'histoire. Khadîja ؓ plus âgée, plus riche, plus expérimentée et Mouhammad ﷺ jeune, humble, orphelin. Elle devint sa compagne, sa confidente, sa soutien. Elle l'enveloppa de son amour et de sa sagesse. Mouhammad ﷺ ne prit aucune autre épouse de son vivant fait extraordinaire dans une société où la polygamie était la norme.
Elle fut la première personne à croire en la mission de Mouhammad ﷺ avant tout homme, avant tout Compagnon. Quand il rentra de la grotte de Hirâ' tremblant et effrayé, ce fut elle qui le réconforta, l'enveloppa de son manteau et lui dit ces mots qui entrèrent dans l'histoire : ces mots qui entrèrent dans l'histoire pour réconforter Mouhammad ﷺ lui rappelant ses qualités de générosité, de loyauté envers les siens, de soutien aux faibles et d'hospitalité et affirmant qu'Allah ne l'abandonnerait jamais. Elle consacra toute sa fortune à l'Islam sa richesse fut la première à financer la cause islamique. Elle mourut en l'an 10 de la prophétie, quelques semaines avant Abu Tâlib. Mouhammad ﷺ appela cette année "l'Année du Chagrin" ('Âm Al-Huzn). Il pleura sa mort toute sa vie. Aïsha ؓ raconte : "Je n'ai jamais été jalouse d'une femme autant que de Khadîja même si elle était morte avant que je ne le connaisse car le Prophète ﷺ l'évoquait si souvent et avec tant d'amour."
La Révélation Iqra'
En ce mois de Ramadan, dans la grotte de Hirâ', l'ange Jibrîl 'alayhi-s-salâm se présenta à Mouhammad ﷺ sous une forme qu'il n'avait jamais vue. Il le pressa contre lui en disant "Iqra'" Lis. Mouhammad ﷺ répondit en vérité : "Je ne suis pas lecteur." Jibrîl le pressa une deuxième fois très fort, puis une troisième fois, avant de révéler les premiers versets du Qur'an qui ne cesseraient de descendre pendant 23 ans. Mouhammad ﷺ rentra chez Khadîja ؓ tremblant, le cœur battant, saisi d'une terreur qui n'était pas la lâcheté mais l'immensité de ce qu'il venait de vivre. "Couvre-moi, couvre-moi" dit-il. Elle l'enveloppa jusqu'à ce que la peur se dissipe. Il lui raconta ce qui s'était passé. Elle l'emmena chez son cousin Waraqa ibn Nawfal, vieillard chrétien qui lisait les Écritures en hébreu. Waraqa l'écouta et s'écria : "Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, c'est le Grand Nâmûs (Jibrîl) qui était venu à Mûsâ. Tu es le Prophète de cette communauté."
Lis au nom de ton Seigneur qui a créé Il a créé l'homme d'une adhérence Lis, et ton Seigneur est le Très Généreux.
Khadîja ؓ fut la première sans hésitation, sans demande de signe, avec une certitude absolue. Elle fut suivie par Ali ibn Abi Tâlib ؓ, le cousin du Prophète ﷺ alors âgé d'environ dix ans il vivait dans le foyer de Mouhammad ﷺ et fut le premier enfant à embrasser l'Islam. Puis Zayd ibn Hâritha ؓ, l'ancien esclave affranchi et fils adoptif de Mouhammad ﷺ. Et Abu Bakr As-Siddîq ؓ, le meilleur ami, qui crut sans demander de preuve et commença immédiatement à appeler d'autres à l'Islam. Ces quatre-là Khadîja, Ali, Zayd et Abu Bakr ؓ formèrent le premier noyau de la communauté islamique. Chaque jour, de nouveaux croyants rejoignaient discrètement, en secret, au début. Parmi eux : 'Uthman ibn 'Affân, 'Abd Ar-Rahmân ibn 'Awf, Sa'd ibn Abi Waqqâs, Az-Zubayr ibn Al-'Awwâm, Talha ibn 'Ubaydillah ؓ.
La Mecque Les Années de Feu
Pendant 13 ans, Mouhammad ﷺ prêcha l'Unicité d'Allah à La Mecque. Ces années ne furent pas des années de victoire ce furent des années de persécution, de torture et de résistance. Les plus faibles payèrent le prix le plus fort.
Pendant les trois premières années, la prédication islamique fut secrète. Puis Allah ordonna : "Annonce ce qu'on te commande et détourne-toi des associateurs." (15:94). Mouhammad ﷺ monta sur le mont As-Safâ et appela les grandes familles de Quraysh une par une. Quand tous furent rassemblés, il leur dit que Si je vous disais qu'une armée de cavaliers se trouve derrière cette montagne et va vous attaquer, me croiriez-vous ? Ils répondirent : "Oui, nous ne t'avons jamais connu menteur." Il dit que Je suis alors pour vous un avertisseur devant un châtiment sévère. Abu Lahab, son propre oncle, répondit que Périsse-tu ! C'est pour ça que tu nous as rassemblés ? Allah révéla sur-le-champ la Sourate Al-Masad (111) condamnant Abu Lahab et son épouse.
Les chefs qurayshites comprirent que le message de Mouhammad ﷺ menaçait leur pouvoir, leurs idoles et leur commerce. Ils se mirent à persécuter les convertis, surtout les plus vulnérables les esclaves, les pauvres, les étrangers sans tribu pour les protéger. Bilâl ibn Rabâh ؓ, esclave abyssinien, était étendu sur le sable brûlant de La Mecque à midi, une lourde pierre posée sur sa poitrine, tandis qu'Umayya ibn Khalaf le torturait. Bilâl répétait "Ahad, Ahad" (Un, Un) l'Unicité d'Allah avec une sérénité qui stupéfiait ses bourreaux. Abu Bakr ؓ le racheta et l'affranchit. Sumayya bint Khayyât ؓ, mère de 'Ammâr ibn Yâsir ؓ, fut la première martyre de l'Islam tuée d'une lance par Abu Jahl. Son mari Yâsir ؓ mourut aussi sous la torture. Quand Mouhammad ﷺ passait devant eux suppliciés et ne pouvait encore les protéger, il leur disait avec des larmes : "Patience, famille de Yâsir votre rendez-vous est au Paradis."
Mouhammad ﷺ, voyant les souffrances de ses Compagnons, leur indiqua une terre de refuge : l'Abyssinie, gouvernée par le Najâshi (le Négus) un roi chrétien juste qui ne commettait pas d'injustice. Un premier groupe d'une quinzaine de personnes émigra secrètement. Les Qurayshites envoyèrent une délégation chargée de cadeaux pour convaincre le Négus de leur renvoyer les fugitifs. Le Négus convoqua les deux parties. Ja'far ibn Abi Tâlib ؓ, cousin du Prophète ﷺ, prit la parole au nom des musulmans : il récita des versets du Qur'an sur Maryam 'alayha-s-salâm et sur 'Îsâ 'alayhi-s-salâm. Des larmes coulèrent sur les joues du Négus. Il dit en traçant une ligne sur le sol : "La différence entre ce que vous dites sur 'Îsâ et ce que nous disons n'est pas plus grande que cette ligne." Il refusa de livrer les musulmans et rendit leurs cadeaux aux Qurayshites.
En l'espace de quelques semaines, Mouhammad ﷺ perdit les deux êtres qui lui étaient les plus chers et qui avaient été ses remparts contre le monde. Abu Tâlib mourut en premier l'oncle qui l'avait protégé pendant 40 ans, qui avait défié toute Quraysh pour le défendre, mais qui mourut sans avoir prononcé la Shahada malgré les supplications de son neveu. Mouhammad ﷺ pleurait à son chevet : en suppliant son oncle de prononcer la Shahada pour qu'il puisse témoigner pour lui auprès d'Allah. Abu Jahl et d'autres étaient là et le détournèrent. Abu Tâlib mourut sur la religion de ses ancêtres. Puis Khadîja ؓ mourut son épouse de 25 ans, la première croyante, la mère de ses enfants, son refuge après chaque épreuve. Mouhammad ﷺ appela cette année "l'Année du Chagrin" et ce titre lui reste dans l'histoire.
Al-Isrâ' Wal-Mi'râj Le Voyage Nocturne
Gloire à Celui qui a transporté Son serviteur de nuit, du Masjid Al-Harâm au Masjid Al-Aqsâ.
Cette nuit-là, Jibrîl 'alayhi-s-salâm vint trouver Mouhammad ﷺ à La Mecque. Il le monta sur Al-Burâq une monture blanche, plus grande qu'un âne et plus petite qu'un mulet, dont la foulée atteignait la limite de son regard. En un instant, Mouhammad ﷺ fut transporté de La Mecque à Al-Quds (Jérusalem), au Masjid Al-Aqsâ. Là, tous les prophètes l'attendaient. Mouhammad ﷺ les dirigea dans la prière imam de tous les prophètes, de ceux qui l'avaient précédé depuis Adam 'alayhi-s-salâm.
De Jérusalem, Jibrîl éleva Mouhammad ﷺ à travers les sept cieux. À chaque ciel, il rencontra les prophètes : Adam 'alayhi-s-salâm au premier ciel qui le salua en l'appelant "le fils juste, le prophète juste". Yahyâ et 'Îsâ 'alayhima-s-salâm au deuxième ciel. Yûsuf 'alayhi-s-salâm au troisième d'une beauté qui dépassait tout ce qu'on peut imaginer. Idrîs 'alayhi-s-salâm au quatrième. Hârûn 'alayhi-s-salâm au cinquième. Mûsâ 'alayhi-s-salâm au sixième qui pleura en voyant Mouhammad ﷺ en disant : "On me dit qu'il aura plus de membres de sa communauté au Paradis que les miens." Ibrâhîm 'alayhi-s-salâm au septième ciel, adossé à Al-Bayt Al-Ma'mûr la Maison fréquentée, le pendant céleste de la Ka'ba. Mouhammad ﷺ fut ensuite élevé jusqu'au Sidrat Al-Muntahâ le Jujubier de la Limite, au-delà duquel aucun ange ni aucune créature ne peut aller. C'est là, dans une proximité que seul Allah connaît, que les cinq prières furent imposées. Elles étaient d'abord cinquante Mûsâ 'alayhi-s-salâm, à chaque descente, dit à Mouhammad ﷺ : "Retourne demander une réduction, ta communauté n'y résistera pas." Il remonta plusieurs fois jusqu'à ce qu'elles soient ramenées à cinq. Mûsâ dit encore : "Retourne demander." Mouhammad ﷺ répondit que J'ai trop demandé à mon Seigneur, je n'ose plus.
Parmi les choses que l'Envoyé d'Allah ﷺ a vues lors du voyage terrestre : le bas-monde sous l'apparence d'une vieille femme, comme indication que ce qui s'est passé de ce monde est beaucoup plus que ce qui en reste. Il a vu Iblîs à l'écart du chemin. Il a vu des combattants dans la voie agréée par Allah, semblables à un groupe qui sème et récolte en deux jours. Il a vu des prêcheurs de la discorde dont la langue et les lèvres sont pincées avec des tenailles de feu. Il a vu des personnes qui abandonnent la prière dont les têtes s'alourdissent. Il a senti une odeur bénie s'échapper de la tombe de la coiffeuse de la fille du Pharaon, cette femme pieuse qui mourut martyre plutôt que de renier sa foi en Allah.
Lors de l'ascension, le Prophète ﷺ vit Al-Bayt Al-Maʿmûr dans le septième ciel, la maison honorée qui est pour les habitants du ciel ce que la Kaʿba est pour ceux de la Terre. Chaque jour, soixante-dix mille anges y entrent pour prier et n'y reviennent jamais.
Il vit Sidrat Al-Muntahâ, le Jujubier de la Limite, un arbre immense, d'une beauté indescriptible, parsemé de papillons d'or. Sa racine est au sixième ciel et il atteint le septième et au-delà. Aucune créature ne peut dépasser ce point.
Il vit Al-ʿArsh, le Trône, le plus grand corps qu'Allah a créé, porté par quatre Anges de très grandes tailles. L'Imam ʿAliyy ؓ a dit : "Certes, Allah a créé le Trône par manifestation de Sa puissance et Il ne l'a pas pris comme emplacement pour Lui-même."
Il vit Jibrîl sous sa véritable apparence, ouvrant ses six cents ailes.
Important : L'Ascension ne signifie pas que le Prophète ﷺ est arrivé à un lieu où Allah demeure, car Allah est le Créateur de tous les endroits, Il existait avant la création des endroits, sans aucun de ces endroits. L'Imam At-Tahâwî a dit : "Allah n'est pas concerné par les six directions comme le sont la totalité des créatures." La finalité de l'Ascension est d'honorer le Messager ﷺ en lui donnant de connaître les merveilles du monde céleste.
La Hijra L'Émigration Bénie
Les chefs des clans qurayshites se réunirent dans la Dar An-Nadwa leur salle de conseil pour décider du sort de Mouhammad ﷺ. Certains proposèrent de l'exiler, d'autres de l'emprisonner. Abu Jahl proposa la solution qui fut retenue : que chaque clan désigne un jeune homme fort, et que tous frappent Mouhammad ﷺ ensemble le sang serait alors partagé entre tous les clans et les Banu Hâshim ne pourraient pas se venger contre un clan en particulier. Allah informa Son Prophète ﷺ du complot. Il quitta sa maison cette nuit-là pendant que les assassins entouraient sa demeure, attendant l'aube. Il demanda à Ali ؓ de dormir dans son lit enveloppé de son manteau vert Ali accepta sans hésitation, sachant le danger. Mouhammad ﷺ sortit et répandit sur les têtes des assassins de la poussière en récitant "Yâ-Sîn" ils ne le virent pas passer.
Mouhammad ﷺ rejoignit Abu Bakr ؓ qui l'attendait depuis des semaines, prêt pour l'émigration. Ensemble, ils se réfugièrent dans la grotte de Thawr, au sud de La Mecque, pendant trois jours. Les Qurayshites, furieux, offrirent cent chameaux à qui ramènerait Mouhammad ﷺ mort ou vif. Des dizaines de pisteurs ratissèrent les environs. Un matin, les poursuivants arrivèrent aux abords de la grotte si proches qu'Abu Bakr ؓ pouvait voir leurs pieds. Il chuchota : "Ô Messager d'Allah, si l'un d'eux regarde à ses pieds, il nous verra." Mouhammad ﷺ répondit avec une sérénité absolue il venait de recevoir la révélation : "Ne crains rien, Allah est avec nous." (9:40). Allah avait envoyé une araignée tisser sa toile à l'entrée de la grotte et deux colombes nicher à ses côtés les poursuivants conclurent que personne n'y était entré.
Quand il disait à son compagnon : "Ne t'afflige pas, Allah est avec nous."
À Qubâ', aux portes de Médine, Mouhammad ﷺ s'arrêta quatorze jours et posa les premières pierres de la mosquée de Qubâ' la première mosquée de l'Islam. Puis il chevaucha vers Médine au milieu d'une fête populaire inoubliable. Les femmes et les enfants montaient sur les toits en chantant la célèbre qasîda : "Tala'a-l-badru 'alaynâ" La pleine lune s'est levée sur nous. Les Ansâr les habitants de Médine se bousculaient pour avoir l'honneur d'héberger le Prophète ﷺ dans leur maison. Il laissa sa chamelle Al-Qaswâ' avancer librement : "Elle est guidée par Allah laissez-la choisir." Elle s'agenouilla dans un terrain appartenant à deux orphelins. Ce terrain devint l'emplacement de la mosquée du Prophète ﷺ.
Médine La Construction d'une Civilisation
Mouhammad ﷺ racheta le terrain des deux orphelins et construisit la mosquée de ses propres mains, avec ses Compagnons. Il portait les briques comme les autres, récitant des vers pour les encourager. Les murs étaient de briques d'argile, le toit de palmes, le sol de sable. Pas d'ornements, pas de luxe une mosquée humble qui abrita les premières prières, les premières leçons, les premières assemblées politiques de la communauté islamique. La mosquée devint le cœur de Médine lieu de prière, d'enseignement, de justice, de réception des délégations, de soins des blessés. Sur son côté se trouvait As-Suffa une sorte de porche où vivaient les Compagnons pauvres, sans famille ni domicile à Médine. Mouhammad ﷺ les appelait Ahl As-Suffa et prenait soin d'eux personnellement.
Les Muhâjirîn (émigrés de La Mecque) étaient arrivés sans rien ils avaient tout laissé derrière eux. Mouhammad ﷺ instaura la fraternité : il unit chaque Muhâjir à un Ansâr (habitant de Médine) par un lien fraternel plus fort que celui du sang. 'Abd Ar-Rahmân ibn 'Awf ؓ fut uni à Sa'd ibn Ar-Rabî' Al-Ansâri ؓ qui lui offrit la moitié de ses biens et lui proposa de choisir entre ses deux épouses. 'Abd Ar-Rahmân ؓ refusa : "Montre-moi seulement le chemin du marché." Cette fraternité n'était pas symbolique elle créa une solidarité économique, sociale et émotionnelle qui transforma une communauté de réfugiés en une société fonctionnelle en quelques mois. C'est l'une des décisions politiques et sociales les plus géniales de l'histoire.
Mouhammad ﷺ rédigea avec les différentes communautés de Médine musulmanes, juives, polythéistes un document historique que les historiens appellent la Charte ou Constitution de Médine. Ce document garantissait : la liberté religieuse pour chaque communauté, la défense mutuelle de Médine contre les attaques extérieures, l'égalité devant la justice quelle que soit la tribu ou la religion, l'interdiction de tout pacte séparé avec les ennemis de Médine, et la résolution des conflits devant Allah et Son Prophète. C'est l'un des premiers documents de coexistence religieuse et de droit international de l'histoire humaine rédigé au VIIe siècle.
Les Batailles La Résistance et la Foi
Les batailles islamiques ne furent jamais des guerres de conquête elles furent des réponses à des agressions, des défenses de la liberté de croire et de vivre selon sa foi. Mouhammad ﷺ interdit toujours l'attaque des femmes, des enfants, des vieillards et de ceux qui ne combattaient pas.
Une caravane qurayshite richement chargée revenait de Syrie. Mouhammad ﷺ sortit avec 313 Compagnons pour l'intercepter ils espéraient récupérer une infime partie de ce que les Qurayshites leur avaient volé lors de l'émigration. La caravane évita le piège, mais Abu Jahl décida d'avancer avec une armée de 1000 guerriers bien équipés pour "écraser les musulmans une fois pour toutes." Les deux armées se retrouvèrent à Badr. Face à une force trois fois supérieure, les muslmans prirent position. Mouhammad ﷺ passa la nuit en prière, suppliant Allah avec des larmes : "Ô Allah, si Tu laisses périr ce groupe de croyants, Tu ne seras plus adoré sur la Terre." Au matin, Allah révéla : "Je vous aiderai avec mille anges à la suite les uns des autres." (8:9). La bataille fut une victoire totale des musulmans malgré leur infériorité numérique. Abu Jahl fut tué. Les principaux ennemis de l'Islam furent défaits. Le Qur'an dédia des versets entiers à cette journée.
Les Qurayshites revinrent avec 3000 guerriers pour venger Badr. Mouhammad ﷺ installa 50 archers sur un col stratégique avec des instructions formelles : "Ne quittez pas vos positions quoi qu'il arrive, que nous vainquions ou que nous perdions." Les musulmans gagnèrent d'abord nettement. Mais quand les archers virent les Qurayshites fuir et l'ennemi ramasser le butin, la majorité d'entre eux quitta leurs positions malgré les ordres. Khâlid ibn Al-Walîd encore non-musulman à cette époque, grand stratège militaire exploita le flanc découvert et retourna la bataille. Mouhammad ﷺ fut blessé, une dent brisée, son visage entaillé. Le bruit courut qu'il était mort plusieurs Compagnons furent saisis de désespoir. Uhud fut une défaite partielle mais une leçon immense : l'obéissance à la direction du Prophète ﷺ n'est pas négociable. Les 70 martyrs d'Uhud, dont le vaillant Hamza ibn 'Abd Al-Muttalib ؓ lion d'Allah et oncle du Prophète ﷺ sont enterrés là-bas depuis 14 siècles.
Une coalition de 10 000 guerriers Quraysh, tribus arabes et alliés marcha sur Médine pour l'anéantir définitivement. C'était la plus grande armée que l'Arabie eût jamais réunie contre les musulmans. Mouhammad ﷺ adopta le conseil de Salmân Al-Fârsî ؓ le Perse, premier non-arabe à rejoindre l'Islam qui suggéra de creuser un fossé sur le côté non protégé de Médine. En quelques jours, tous les Compagnons creusèrent ensemble, Mouhammad ﷺ en tête. L'armée coalisée resta bloquée des semaines devant le fossé, incapable de traverser. Le froid, la faim et la discorde les épuisèrent. Allah envoya contre eux un vent violent qui renversa leurs tentes et éteignit leurs feux. Ils se retirèrent en désordre. Mouhammad ﷺ dit que À partir d'aujourd'hui, c'est nous qui les attaquons ils ne nous attaqueront plus.
Khaybar était une oasis fortifiée habitée par des tribus juives qui avaient soutenu la coalition contre Médine lors de la bataille du Fossé. Le Prophète ﷺ marcha vers Khaybar pour neutraliser cette menace permanente sur la sécurité de Médine. Les musulmans assiégèrent et conquirent successivement plusieurs de ses forteresses.
C'est lors de cette bataille que ʿAliyy ibn Abî Tâlib ؓ se distingua particulièrement au combat. À l'issue de la conquête, un accord fut conclu permettant aux habitants de continuer à cultiver leurs terres en partageant les récoltes. Safiyya bint Huyayy, capturée lors de cette bataille, devint par la suite l'une des épouses du Prophète ﷺ.
La Conquête de La Mecque L'Amnistie Générale
Mouhammad ﷺ voulut accomplir la 'Umra avec 1400 Compagnons. Les Qurayshites les bloquèrent à Al-Hudaybiyya. Des négociations s'ensuivirent. Le traité signé sembla humiliant pour les musulmans : cesser la 'Umra cette année, rentrer sans entrer à La Mecque, remettre à Quraysh tout Mecquois qui viendrait chez les musulmans sans permission mais conserver tout Médinois qui irait à La Mecque, trêve de dix ans sans combat. 'Umar ؓ lui-même protesta vigoureusement : "N'es-tu pas le Prophète d'Allah ? Ne sommes-nous pas dans la vérité ?" Mouhammad ﷺ répondit avec calme : "Je suis le serviteur d'Allah et Son Messager je ne désobéirai pas à Son ordre." Allah révéla que ce traité était une "victoire manifeste" (48:1). Et en effet pendant les deux ans qui suivirent, plus de gens embrassèrent l'Islam que pendant les 19 années précédentes.
Les Qurayshites violèrent le traité d'Al-Hudaybiyya en attaquant une tribu alliée des musulmans. Mouhammad ﷺ prépara une armée de 10 000 hommes dans le plus grand secret jamais une armée n'avait quitté Médine sans que l'ennemi ne sache où elle allait. Il n'annonça sa destination qu'au dernier moment. Les Qurayshites, en voyant une mer de feux de camp autour de La Mecque, furent saisis de terreur. Abu Sufyân l'ennemi historique de l'Islam, chef des armées qurayshites à Uhud et Al-Khandaq vint en émissaire et prononça la Shahada. Mouhammad ﷺ entra à La Mecque la tête inclinée en signe d'humilité, montant sa chamelle, récitant le Qur'an. Il entra dans la Ka'ba et détruisit les 360 idoles en récitant : "La Vérité est venue et le faux s'est dissipé. Certes le faux est toujours à disparaître." (17:81). Puis il sortit et dit ces mots qui entrèrent dans l'histoire : "Ô Quraysh, que pensez-vous que je vais vous faire ?" Ils répondirent : "Un frère généreux, fils d'un frère généreux." Il dit que Je vous dis ce que Yûsuf dit à ses frères Allez, vous êtes libres. Une amnistie totale et sans exception pour ceux qui avaient torturé ses Compagnons, tué ses proches, pillé leurs biens pendant 20 ans.
Face à des rumeurs de rassemblement de forces byzantines aux frontières nord, le Prophète ﷺ appela les musulmans à une expédition vers Tabûk, en pleine chaleur estivale, une période de récolte difficile. Cette expédition mit à l'épreuve la sincérité de chacun : certains hypocrites trouvèrent des excuses pour ne pas y participer, tandis que les croyants sincères répondirent à l'appel malgré la difficulté.
Arrivés à Tabûk, les musulmans ne rencontrèrent finalement aucune armée byzantine. Plusieurs tribus de la région conclurent des accords de paix avec les musulmans. Ce fut la dernière expédition militaire dirigée personnellement par le Prophète ﷺ avant son décès.
Les Épouses du Prophète ﷺ Mères des Croyants
Après le décès de Khadîja ؓ, Mouhammad ﷺ se remaria plusieurs fois. Ces mariages n'étaient pas des mariages de plaisir ils avaient tous des dimensions politiques, sociales et humaines profondes. Le Qur'an les appelle "Mères des Croyants" elles ne pouvaient pas se remarier après lui et avaient une dignité particulière auprès de toute la communauté.
Sawda ؓ était une veuve dont le mari était mort à la suite de la persécution en Abyssinie. Mouhammad ﷺ l'épousa pour l'honorer et lui assurer une protection. Femme généreuse et joyeuse, elle était connue pour son humour et sa bonne humeur. Elle céda plus tard son jour au Prophète ﷺ à Aïsha ؓ par amour pour lui.
Aïsha ؓ est l'une des plus grandes figures de toute l'histoire islamique. Elle est l'une des plus grandes transmettrices de hadiths de toute l'histoire islamique, des milliers de hadiths nous étant parvenus par elle. Elle enseignait les hommes et les femmes de derrière un voile. Elle corrigeait les grands Compagnons quand ils se trompaient. Elle dirigea même une armée lors de la bataille du Chameau. Sa relation avec le Prophète ﷺ était pleine d'amour, de tendresse et de complicité. Il buvait au même endroit qu'elle sur la coupe. Ils couraient ensemble dans le désert. Il lui racontait des histoires. Quand on lui demanda qui il aimait le plus parmi les hommes, il dit Abu Bakr ؓ. Parmi les femmes Aïsha ؓ, sans hésitation.
Fille de 'Umar ibn Al-Khattâb ؓ, veuve d'un Compagnon mort à Uhud. Son père était désespéré de ne trouver personne pour l'épouser Abu Bakr et 'Uthman avaient décliné par délicatesse, sachant que le Prophète ﷺ allait la demander. Le Prophète ﷺ l'épousa. Hafsa ؓ fut la gardienne du premier Mushaf (copie écrite) du Qur'an, confié à son père 'Umar ؓ puis à elle après sa mort.
Parmi les premières émigrantes en Abyssinie avec son mari Abu Salama ؓ qui mourut de ses blessures. Le Prophète ﷺ l'épousa pour honorer le sacrifice de sa famille. Umm Salama ؓ était d'une sagesse et d'une intelligence exceptionnelles. C'est elle qui, lors du traité d'Al-Hudaybiyya, suggéra au Prophète ﷺ de sacrifier lui-même son chameau sans attendre les Compagnons qui hésitaient ils suivirent immédiatement son exemple.
Zaynab ؓ était la cousine du Prophète ﷺ, femme de Zayd ibn Hâritha ؓ l'ancien esclave affranchi et fils adoptif de Mouhammad ﷺ. Leur mariage n'ayant pas fonctionné, ils divorcèrent. Allah ordonna à Mouhammad ﷺ d'épouser Zaynab ؓ pour abolir une coutume arabe qui interdisait d'épouser l'ex-femme de son fils adoptif, comme si l'adoption créait un lien biologique réel. Le Qur'an le dit explicitement en 33:37 ce mariage abolit une injustice culturelle.
Juwayriyya ؓ était la fille du chef de la tribu Banu Al-Mustaliq, capturée lors d'une bataille. Le Prophète ﷺ l'épousa. Dès que les Compagnons l'apprirent, ils libérèrent tous les prisonniers de sa tribu environ 100 familles par respect pour leur nouvelle parenté avec le Prophète ﷺ. Aïsha ؓ disait : "Je ne connais pas de femme qui ait été plus bénéfique à son peuple qu'elle."
Safiyya ؓ était la fille de Huyayy ibn Akhtab, chef de la tribu juive Banu An-Nadîr. Capturée lors de la bataille de Khaybar, elle avait été désignée pour le Prophète ﷺ par les Compagnons qui avaient remarqué sa beauté et sa noblesse. Le Prophète ﷺ lui proposa le choix : rester juive et être libérée, ou embrasser l'Islam et devenir son épouse. Elle choisit l'Islam. Il lui dit que Ton peuple t'a fait du tort ton père et ton oncle ont voulu ma mort. Elle répondit que Ô Messager d'Allah, Allah a choisi pour moi l'Islam et te l'a choisi comme Prophète.
Maymûna ؓ fut la dernière femme que le Prophète ﷺ épousa. Elle s'était offerte elle-même au Prophète ﷺ le Qur'an évoque ce cas (33:50) et Allah le permit. Le Prophète ﷺ l'épousa lors de la 'Umra de réconciliation en 629. Elle mourut à Al-Abwâ', l'endroit même où la mère du Prophète ﷺ était décédée.
Le Caractère du Prophète ﷺ
Aïsha ؓ, à qui l'on demandait de décrire le caractère du Prophète ﷺ, répondit que Son caractère était le Qur'an. Ces quelques mots contiennent tout.
Les Compagnons ont décrit sa beauté avec une précision rare dans la littérature mondiale. Imam Ali ؓ disait : "Je n'ai jamais vu, avant lui ni après lui, quelqu'un qui lui ressemble." Il était de taille moyenne, ni trop grand ni trop petit. Son teint était blanc rosé, ses yeux noirs profonds avec de longs cils, sa chevelure ondulée tombant jusqu'aux épaules, sa barbe fournie. Quand il souriait, ses dents étaient comme des perles. Sa démarche était ferme et élégante "comme s'il descendait une pente". Sa sueur sentait le musc. Ceux qui le voyaient pour la première fois étaient saisis d'un respect mêlé d'amour.
Allah dit de lui : "Certes tu es d'un caractère immense." (68:4). Et encore : "C'est par la miséricorde d'Allah que tu as été si doux envers eux. Si tu avais été dur et au cœur dur, ils se seraient dispersés loin de toi." (3:159). Un Bédouin lui prit le col de son manteau si brusquement qu'une marque en resta sur son cou, et lui dit grossièrement : "Donne-moi de l'argent d'Allah que tu as, pas de ton père ni de ta mère." Les Compagnons se levèrent pour le corriger. Mouhammad ﷺ leur dit de s'asseoir, sourit et ordonna qu'on donne à cet homme ce dont il avait besoin. Un enfant juif qui le servait tomba malade. Mouhammad ﷺ lui rendit visite, s'assit à son chevet et lui proposa d'embrasser l'Islam. L'enfant regarda son père. Son père dit que Obéis à Abu Al-Qâsim. L'enfant embrassa l'Islam et mourut peu après. Mouhammad ﷺ sortit en disant : "Louange à Allah qui l'a sauvé du Feu par moi."
Mouhammad ﷺ vivait dans une maison dont les murs étaient de briques d'argile et le toit de palmes. Son matelas était en peau de mouton bourrée de fibres de palme. 'Umar ؓ entra un jour chez lui et pleura en voyant les marques du lit sur son côté. Mouhammad ﷺ lui demanda pourquoi il pleurait. 'Umar dit que Ô Messager d'Allah, César et Chosroès vivent dans le luxe et toi... Mouhammad ﷺ répondit que Ne te suffit-il pas qu'ils aient le monde et que nous ayons l'Autre Monde ? Il raccommodait lui-même ses sandales, réparait ses vêtements, trayait sa chèvre, balayait sa maison. Il ne refusait jamais d'aider un faible ni d'accompagner quelqu'un qui le demandait. Les esclaves pouvaient le prendre par la main et l'emmener où ils voulaient dans Médine il ne résistait jamais.
Il prenait Al-Hassan et Al-Hussayn ؓ ses petits-fils sur son dos pendant la prière et prolongeait la prosternation pour ne pas les déranger. Il les embrassait en public quand un Bédouin lui dit que J'ai dix enfants et je n'en ai jamais embrassé aucun. Mouhammad ﷺ répondit que Que puis-je pour toi si Allah a ôté la miséricorde de ton cœur ? Il dit que Le meilleur d'entre vous est celui qui est le meilleur envers sa famille, et je suis le meilleur d'entre vous envers ma famille. Il aidait ses femmes dans les tâches ménagères. Il permettait aux femmes de l'interroger directement sur la religion. Il intégrait les femmes aux expéditions pour soigner les blessés. Il pleurait sans honte quand ses proches mouraient.
"Son caractère était le Qur'an."
Le Départ du Bien-Aimé ﷺ
Mouhammad ﷺ accomplit son unique Hajj avec plus de 100 000 Compagnons. Au mont 'Arafa, il prononça l'un des discours les plus importants de l'histoire humaine un discours sur les droits fondamentaux de l'être humain, 14 siècles avant la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Il dit notamment : "Ô gens, votre sang, vos biens et vos honneurs sont sacrés entre vous jusqu'au jour où vous rencontrerez votre Seigneur comme sont sacrés ce jour, ce mois et ce pays. Vous avez des droits sur vos femmes et vos femmes ont des droits sur vous. Traitez les femmes avec bonté. J'ai laissé parmi vous ce qui vous préservera de l'égarement si vous vous y tenez : le Livre d'Allah et ma Sunna." Il demanda trois fois : "Ai-je transmis le message ?" La foule cria : "Oui !" Il leva le doigt vers le ciel et dit que Ô Allah, sois Témoin. Ce jour-là, le Qur'an révéla : "Aujourd'hui J'ai parachevé pour vous votre religion, et J'ai complété sur vous Mon bienfait, et J'agrée pour vous l'Islam comme religion." (5:3). 'Umar ؓ pleura. Le Prophète ﷺ lui demanda pourquoi. "Je pleure parce que si la perfection est atteinte, le déclin commence," dit-il. Mouhammad ﷺ approuva de la tête.
Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, J'ai complété sur vous Mon bienfait et J'agrée pour vous l'Islam comme religion.
Mouhammad ﷺ tomba malade d'une fièvre intense. Il demanda la permission à ses épouses de passer ses derniers jours chez Aïsha ؓ elles acceptèrent. Il continua à diriger la prière pendant plusieurs jours malgré la douleur, soutenu par Ali et 'Abbâs ؓ. Quand il fut trop faible pour sortir, il demanda à Abu Bakr ؓ de diriger la prière à sa place. Dans ses dernières heures, il distribuait ses derniers biens. Il libéra tous les esclaves qu'il possédait encore. Il recommanda le respect des droits des femmes, des orphelins et des gens sous contrat. Il dit que Qu'Allah maudisse ceux qui font des tombes des lieux d'adoration sachant que la tentation existerait après sa mort. Il répéta trois fois : "La prière, la prière, et ceux que votre main droite possède (les esclaves et les vulnérables)."
Ce matin-là, Mouhammad ﷺ souleva le rideau de la chambre d'Aïsha ؓ qui donnait sur la mosquée. Les Compagnons priaient derrière Abu Bakr ؓ. Voyant le visage du Prophète ﷺ ils crurent qu'il allait mieux ils faillirent quitter leurs rangs de joie. Il leur fit signe de continuer la prière et ferma le rideau. Ce fut la dernière fois qu'ils le virent en vie. Il rendit l'âme dans les bras d'Aïsha ؓ, la tête sur sa poitrine. Ses dernières paroles furent "Ar-Rafîq Al-A'lâ" le Compagnon Suprême, Allah. Il avait 63 ans. C'était un lundi. La nouvelle se répandit à Médine comme un coup de tonnerre. 'Umar ؓ, submergé par une douleur qui le priva de raison, sortit en disant que quiconque prétendrait que Mouhammad ﷺ était mort, il le tuerait. Abu Bakr ؓ arriva, entra chez Aïsha ؓ, souleva le tissu du visage du Prophète ﷺ, l'embrassa entre les deux yeux et dit en pleurant : "Tu es beau vivant et beau mort, ô Prophète d'Allah." Puis il sortit et dit à 'Umar de s'asseoir. Et il prononça les mots les plus importants de ce jour : "Ô gens, que celui qui adorait Mouhammad sache que Mouhammad est mort. Que celui qui adore Allah sache qu'Allah est Vivant et ne meurt jamais." Et il récita : "Mouhammad n'est qu'un messager des messagers sont passés avant lui. S'il venait à mourir ou à être tué, vous retourneriez-vous en arrière ?" (3:144). 'Umar dit que Ce fut comme si je n'avais jamais entendu ce verset avant ce jour.
Ô Allah, envoie Tes bénédictions sur Mouhammad et sur la famille de Mouhammad.